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Private equity : définition et risques pour un particulier

Vérifié par l'équipe Kaleidia le 13 octobre 2026 · 6 min de lecture · Comment nous vérifions

Ce guide est un contenu pédagogique général : il ne tient pas compte de votre situation et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation. Tout placement comporte un risque de perte en capital. Aucune société de gestion ni plateforme n'est citée, et les exemples sont fictifs.

Private equity : de quoi parle-t-on ?

Le private equity, en français capital-investissement, consiste à apporter de l'argent à des entreprises non cotées, en échange de parts de leur capital. Le but : les revendre plus tard, si l'entreprise a grandi. Le gain, s'il existe, vient de cette revente. Il n'est jamais garanti.

Coté, non coté : ce qui change

Une entreprise cotée voit ses actions s'échanger sur un marché organisé. Un cours s'affiche chaque jour, et l'on vend en général en quelques jours (voir qu'est-ce qu'une action).

Une entreprise non cotée n'a ni cours quotidien, ni écran, ni carnet d'ordres. Deux conséquences :

  • sa valeur est une estimation, faite de temps en temps ;
  • la liquidité, c'est-à-dire la facilité à revendre sans perdre sur le prix, est faible.

Exemple : 5 000 € cotés, 5 000 € non cotés

Deux situations fictives de 5 000 €, avec un besoin d'argent urgent.

Étape 1 : la part cotée

80 actions à 62,50 € : 80 × 62,50 = 5 000 €. L'ordre de vente s'exécute au cours du moment.

Étape 2 : la part non cotée

La dernière valeur communiquée est de 5 000 €, mais aucun écran n'affiche de prix.

Étape 3 : l'offre d'un acheteur

Après plusieurs semaines, un acheteur propose 20 % de moins : 5 000 × (1 − 0,20) = 4 000 €. Aucune règle ne fixe cette décote, c'est une hypothèse.

Étape 4 : l'écart

5 000 − 4 000 = 1 000 € d'écart, et un délai incertain.

Les véhicules ouverts aux particuliers, par catégories

Un particulier n'achète généralement pas lui-même les parts d'une entreprise : il passe par un fonds. Voici ce que dit l'AMF de trois catégories :

  • FCPR (fonds communs de placement à risques) : au moins 50 % de l'actif en titres d'entreprises non cotées ;
  • FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation) : au moins 70 % en titres de sociétés innovantes non cotées ;
  • FIP (fonds d'investissement de proximité) : au moins 70 % dans des PME régionales.

D'autres portes existent, comme certains supports non cotés d'un contrat d'assurance-vie, les fonds européens à long terme ou le financement participatif. Chacune a sa façon de sortir, à lire dans son règlement ou son contrat sans présumer qu'elle convienne à quelqu'un.

Un sigle dit ce que le fonds détient. Il ne dit pas si son résultat sera bon.

Illiquidité, blocage, perte : trois mots à distinguer

MotCe que c'est
IlliquiditéIl faut trouver un acheteur, au prix qu'il accepte
BlocageLe règlement interdit la sortie pendant une durée
Perte en capitalLe fonds peut rendre moins que la mise, voire rien

L'AMF écrit qu'il est impossible d'obtenir le rachat de ses parts pendant la vie du fonds, sauf circonstances exceptionnelles prévues par le règlement. La durée de vie peut aller jusqu'à 10 ans, et le règlement peut prévoir une prorogation. Elle indique aussi que l'on risque de ne pas récupérer l'intégralité de son capital : perte partielle ou totale.

Quand un avantage fiscal existe, il est conditionné : pour certains fonds de capital-investissement, l'AMF rappelle que l'avantage fiscal est conditionné à une détention des parts pendant 5 ans, en l'état actuel des textes. Un avantage fiscal ne compense pas une perte en capital.

Des frais, même si le résultat est mauvais

Selon l'étude de l'AMF de janvier 2025, les frais annuels totaux médians sont de 3,5 % pour les FIP, 3,2 % pour les FCPI et d'environ 2,4 à 2,5 % pour les FCPR. Ces chiffres ne comptent pas les frais de distribution, par exemple ceux d'un contrat d'assurance-vie.

La même étude donne des taux de rendement interne médians, hors avantage fiscal, de −2,4 % pour les FIP et −1,1 % pour les FCPI, pour les fonds encore en vie au 31 décembre 2023. Ce sont des médianes, sur des fonds en cours de vie, avec des estimations non définitives : elles ne disent rien d'un fonds précis et ne préjugent pas du futur.

Exemple : Un fonds fictif sur dix ans

Souscription de 10 000 €, droits d'entrée de 2 %, frais de gestion de 3 % par an du montant souscrit, durée de 10 ans. Le fonds investit dans 8 entreprises. Tout est inventé.

Étape 1 : ce qui est investi

10 000 × 2 % = 200 €. Investi : 10 000 − 200 = 9 800 €, soit 1 225 € par entreprise.

Étape 2 : des sorties dispersées

Trois entreprises revendues au double : 3 × 2 450 = 7 350 €. Trois au prix payé : 3 × 1 225 = 3 675 €. Deux perdues : 0 €. Total : 11 025 €.

Étape 3 : les frais de gestion

10 000 × 3 % = 300 € par an, soit 3 000 € sur 10 ans.

Étape 4 : ce qui revient

11 025 − 3 000 = 8 025 €, soit −1 975 € (−19,75 %) par rapport à la mise.

Étape 5 : le pire cas

Si aucune entreprise n'est revendue, il ne revient rien : la perte est de 10 000 €, la totalité de la mise.

Étape 6 : la limite

Ce scénario illustre un mécanisme, pas une prévision. Trois entreprises sur huit ont doublé, et le résultat reste sous la mise.

Les questions à se poser avant de lire une plaquette

  • Quelle est la durée, prorogation comprise, et qui décide de la prolonger ?
  • Dans quels cas sort-on avant la fin ?
  • Quels frais à l'entrée, chaque année, à la sortie ?
  • Quelle part de la mise peut-on perdre ?
  • Un chiffre de performance est-il daté, avant ou après frais, et concerne-t-il ce fonds ?

Posez-les par écrit. Seul le règlement du fonds engage. Si vous pensez avoir besoin de cet argent à moyen terme, le blocage compte plus que tout : pour l'argent mis de côté en cas d'imprévu, voyez l'épargne de précaution. Pour le fonctionnement des prix cotés, comment fonctionnent les marchés financiers pose les bases.

Aller plus loin

La formation « Private equity et non coté : comment ça marche » reprend ces notions avec des fonds fictifs à lire et des calculs à refaire. Sa première étape se lit en entier, offerte et sans compte.

La formation qui va avec

Private equity et non coté : comment ça marche

Comprendre ce qu'est le capital-investissement, par quels véhicules un particulier peut y accéder, et ce que cela coûte en blocage, en frais et en risque.

À la fin, vous aurez : Votre fiche « Le non coté, expliqué » : votre tableau coté / non coté, la frise d'un fonds, votre carte des sept catégories d'accès, votre tableau des contreparties, votre liste de questions de lecture et vos questions pour un professionnel immatriculé à l'ORIAS.

La première étape se lit en entier, sans compte. Ensuite, 14 € en paiement unique, sans abonnement.

Cette formation fait partie du pack Comprendre les marchés et les placements : 4 formations pour 45 € au lieu de 56 €.

Sources

Informations générales, vérifiées à la date de mise à jour. Les règles évoluent : pour une situation particulière, adressez-vous à l'organisme concerné. Ce guide a été préparé avec l'aide de l'IA, puis chaque chiffre a été vérifié à la main sur les sources ci-dessus.

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