← Reprendre une entreprise : de la recherche à l'offre
Exercice · 35 min
Définir votre cible de reprise
Karim veut reprendre une entreprise, mais ne sait pas par où commencer
Karim est responsable de maintenance dans l'industrie. Il connaît bien les équipements, les équipes et les clients professionnels. Il veut devenir son propre patron, mais sans repartir de zéro : il préfère reprendre une entreprise qui a déjà ses clients.
Un soir, il ouvre un site d'annonces. Des centaines d'entreprises sont à vendre. Il en lit dix, n'en retient aucune, et referme l'écran. Il ne sait pas par où commencer.
À votre avis ?
Répondez avant de lire la suite : se tromper ici aide à mieux retenir.
À votre avis, que doit faire Karim avant de lire d'autres annonces ?
Beaucoup d'entreprises pourraient changer de mains, peu y parviennent
Une étude de Bpifrance Le Lab, publiée en novembre 2025, estime que 370 000 entreprises françaises de 1 à 4 999 salariés pourraient être transmises d'ici 2030. Pourtant, seules 26 000 transmissions ont été réalisées en 2024, pour un potentiel annuel de 74 000.
Que retenir de ces chiffres ? Ils disent « pourraient » : c'est un potentiel, pas un stock d'affaires prêtes à acheter. Beaucoup de dirigeants qui envisagent de céder n'ont pas encore commencé leur préparation, et beaucoup de repreneurs ne savent pas chercher.
Un chiffre se lit toujours avec sa définition : de quelles entreprises parle-t-on, sur quelle période, et selon quelle source ? D'autres sources donnent d'autres totaux, parce qu'elles comptent autrement.
Une cible se décrit en quatre critères
Une cible n'est pas un rêve. C'est une description assez précise pour dire « oui » ou « non » à une annonce en deux minutes.
- Le secteur : le métier ou le marché que vous comprenez déjà.
- La taille : le nombre de salariés et le chiffre d'affaires, c'est-à-dire ce que l'entreprise facture sur un an.
- La zone : la distance que vous acceptez, au quotidien et pour déménager.
- Le budget : ce que vous pouvez mettre, et donc le prix d'entreprise que vous pouvez envisager.
Une cinquième question précède les quatre autres : qu'achetez-vous ? Deux cas se distinguent.
- Un fonds de commerce : un ensemble de biens réunis pour exploiter une activité (clientèle, enseigne, droit au bail, matériel). Vous ne reprenez ni les dettes ni les créances de l'entreprise.
- Les titres d'une société (parts ou actions) : vous reprenez la société entière, avec son actif et tout son passif, c'est-à-dire ses dettes.
La suite de la formation en tient compte : l'analyse d'une société est plus longue et plus complexe que celle d'un fonds.
Question éclair
Vous achetez les titres d'une société. Qu'est-ce que cela change par rapport à l'achat d'un fonds de commerce ?
Votre budget part de votre apport
L'apport personnel, c'est la somme que vous mettez vous-même dans le projet. Bpifrance Création indique qu'en règle générale, sauf cas particuliers, il représente environ 30 % des besoins financiers. C'est un repère courant, pas une règle. Le reste est financé par d'autres sources, que vous découvrirez à l'étape 5.
Pour trouver votre apport, partez de votre épargne et retirez ce qu'il vous faut pour vivre pendant la recherche et le démarrage. Un repreneur sans réserve personnelle est fragile.
Exemple pas à pas : L'apport de Karim
Karim dispose de 126 000 € d'épargne. Il dépense 3 000 € par mois et veut garder 12 mois de dépenses.
Étape 1 : la réserve pour vivre
3 000 × 12 = 36 000 €.
Étape 2 : l'apport
126 000 − 36 000 = 90 000 €.
Étape 3 : le besoin total que cet apport permet d'envisager
Avec un apport d'environ 30 % des besoins : 90 000 ÷ 0,30 = 300 000 €.
Étape 4 : ce qu'il reste à financer ailleurs
300 000 − 90 000 = 210 000 €.
Avant de continuer : à votre avis, que fait-on à l'étape suivante ?
Ces 300 000 € couvrent le prix d'achat et les frais, les travaux éventuels et la trésorerie de départ. Ce n'est pas un prix à payer : c'est un ordre de grandeur pour trier les annonces.
À vous de jouer
Voici le calculateur. Les valeurs de départ sont celles de Karim. Saisissez les vôtres à la place.
Calculateur
Ce que votre apport permet d'envisager
- Réserve pour vivre
- 36 000 €
- Apport disponible
- 90 000 €
- Besoin total correspondant à cet apport
- 300 000 €
- Reste à financer par d'autres sources
- 210 000 €
Le repère de 30 % vient de Bpifrance Création. Il varie selon les projets et les financeurs : votre banque et un expert-comptable vous diront ce qui s'applique à votre dossier.
À vous de jouer : L'apport de Nathalie (guidé) · environ 6 min
Nathalie, cheffe de rayon dans la grande distribution, voudrait reprendre un commerce de proximité. Elle a 80 000 € d'épargne. Elle dépense 2 400 € par mois et garde 10 mois de dépenses. Elle retient le repère de 30 %.
Calculez sa réserve pour vivre, son apport, le besoin total correspondant et le reste à financer.
Pour votre livrable
Mon profil de cible
Décrivez votre cible avec vos propres critères, puis reportez le résultat du calculateur.
Quatre critères en une ou deux phrases chacun. Écrivez aussi ce que vous excluez. Exemple : Secteur : maintenance et services techniques aux entreprises. Taille : 5 à 10 salariés, 600 000 à 1 000 000 € de chiffre d'affaires. Zone : moins d'une heure de chez moi. Achat : titres d'une société.
Le résultat du calculateur. C'est un ordre de grandeur pour trier les annonces, pas un prix à payer. Exemple : 300 000 €
La suite vous attend
Encore 5 étapes, avec cas pratiques, quiz corrigés et votre livrable. 14 €, paiement unique.
À la fin, vous aurez : Votre dossier « Mon projet de reprise » : votre profil de cible, votre liste de canaux de recherche, votre grille de lecture d'une affaire, votre raisonnement sur une fourchette de valeur, votre plan de financement simplifié, vos questions au cédant, vos professionnels à consulter et votre calendrier.
Pas encore décidé(e) ? Créez votre espace (30 secondes, sans engagement) pour garder vos notes et faire le quiz de cette étape.