← Private equity et non coté : comment ça marche
Exercice · 35 min
Coté ou non coté, ce qui change
Sandrine entend parler de « private equity » à un dîner
Sandrine est cadre dans une entreprise de services. À un dîner, un convive affirme que « le private equity, c'est ce que font les grands investisseurs, et maintenant tout le monde peut en faire ». Elle hoche la tête. Elle ne sait pas exactement de quoi on parle.
Cette formation ne lui dira pas quoi faire, et ne vous le dira pas non plus. Elle l'aide à comprendre un mécanisme, ses contreparties et les questions à poser. Premier mot à éclaircir : « non coté ».
À votre avis ?
Répondez avant de lire la suite : se tromper ici aide à mieux retenir.
Une personne détient des parts de l'entreprise fictive Atelier Mérel, qui n'est pas cotée. Que peut-elle faire, du jour au lendemain ?
Une entreprise cotée a un prix chaque jour, pas une entreprise non cotée
Une entreprise est cotée quand ses actions s'échangent sur un marché organisé. Chaque jour, des acheteurs et des vendeurs se rencontrent, et un cours s'affiche. Vendre ses actions prend en général quelques jours.
Une entreprise est non cotée quand ses parts ne s'échangent sur aucun marché de ce type. Il n'y a ni cours quotidien, ni écran, ni carnet d'ordres. La plupart des entreprises du pays sont dans ce cas : commerces, ateliers, sociétés de services.
Retenez deux conséquences. D'abord, la valeur d'une part non cotée est une estimation, faite de temps en temps par une méthode de calcul. Ensuite, la liquidité, c'est-à-dire la facilité à revendre sans perdre sur le prix, est faible.
Question éclair
Que veut dire « la liquidité est faible » pour une part non cotée ?
Le capital-investissement achète des parts d'entreprises non cotées
Le capital-investissement (private equity) consiste à apporter de l'argent à des entreprises non cotées, en échange de parts de leur capital. Le but : les revendre plus tard, si l'entreprise a grandi. Le gain, s'il existe, vient de cette revente. Il n'est jamais garanti, et la perte peut être totale.
Selon le stade de l'entreprise, on parle de capital-risque (entreprise très jeune), de capital-développement (elle grandit) ou de capital-transmission (elle change de propriétaire). Vous n'avez pas besoin de retenir ces mots : retenez que l'argent est immobilisé le temps que l'entreprise évolue.
Un mot sur les cryptoactifs, pour qu'il n'y ait pas de confusion : ils ne représentent pas une part d'entreprise, leur risque est d'une autre nature, très élevé, et ils sortent du cadre de cette formation.
Sans cours, la sortie dépend d'un acheteur
Sans marché, deux chiffres coexistent. La valeur communiquée est celle que le gestionnaire ou l'entreprise annonce à une date donnée. Le prix proposé est celui qu'un acheteur accepte vraiment de payer. Ils peuvent être éloignés, surtout si le vendeur est pressé.
Exemple pas à pas : Cotée contre non cotée, pour 5 000 €
Sandrine imagine deux situations fictives, de 5 000 € chacune, et un besoin d'argent urgent.
Étape 1 : la part cotée
Elle détient 80 actions de Brasserie Vallon, cotée, à 62,50 € l'une. Valeur : 80 × 62,50 = 5 000 €. Elle passe un ordre de vente : il s'exécute au cours du moment, en général en quelques jours.
Étape 2 : la part non cotée
Elle détient des parts d'Atelier Mérel, non cotée. La dernière valeur communiquée est de 5 000 €. Aucun écran n'affiche de prix.
Étape 3 : l'offre d'un acheteur
Elle trouve un acheteur après plusieurs semaines. Il propose 20 % de moins que la valeur communiquée : 5 000 × (1 − 0,20) = 4 000 €. Aucune règle ne fixe cette décote : c'est un exemple.
Étape 4 : l'écart
5 000 − 4 000 = 1 000 € d'écart, et un délai incertain. Rien n'obligeait personne à lui faire une offre plus élevée.
Avant de continuer : à votre avis, que fait-on à l'étape suivante ?
À vous de jouer
À vous de jouer : La décote de Sandrine (guidé) · environ 4 min
Sandrine détient des parts d'une autre société non cotée, fictive : Savonnerie Laurent. Dernière valeur communiquée : 8 000 €. Un acheteur propose 25 % de moins.
À vous : calculez le prix proposé et l'écart avec la valeur communiquée.
À vous de jouer : Mon tableau coté / non coté · environ 6 min
Complétez, avec vos mots, un tableau à trois lignes : le prix, la revente, l'information disponible. Pour chacune, une phrase pour le coté et une phrase pour le non coté.
À votre tour, avec vos propres chiffres. Le calculateur affiche des résultats ; il ne dit pas si une vente est bonne ou mauvaise.
Calculateur
Valeur communiquée et prix proposé
- Prix proposé par l'acheteur
- 4 000 €
- Écart avec la valeur communiquée
- 1 000 €
Exemple fictif. Aucune règle ne fixe cet écart : il dépend de l'acheteur et de l'urgence.
Pour votre livrable
Mon tableau coté / non coté
Reportez vos trois lignes et le résultat du calculateur.
Exemple : Prix : cours public / valeur estimée puis prix négocié. Revente : quelques jours / acheteur à trouver. Information : publique / documents du gestionnaire.
Exemple : 5 000 € communiqués, 4 000 € proposés, écart de 1 000 €
La suite vous attend
Encore 5 étapes, avec cas pratiques, quiz corrigés et votre livrable. 14 €, paiement unique.
À la fin, vous aurez : Votre fiche « Le non coté, expliqué » : votre tableau coté / non coté, la frise d'un fonds, votre carte des sept catégories d'accès, votre tableau des contreparties, votre liste de questions de lecture et vos questions pour un professionnel immatriculé à l'ORIAS.
Pas encore décidé(e) ? Créez votre espace (30 secondes, sans engagement) pour garder vos notes et faire le quiz de cette étape.